Interview de Patrick Peter pour la 30ème édition du Tour Auto

La 30ème édition du Tour Auto Optic 2000 devrait tout juste se terminer… Mais, bonne nouvelle, elle a été reportée pour se tenir du 30 août au 4 septembre ! Les réseaux sociaux de Peter Auto ont célébré la semaine durant laquelle l’épreuve devait initialement se dérouler avec un #TourAutoReco à la découverte des villes et des circuits visités par l’édition 2021. L’occasion pour Patrick Peter de répondre à quelques questions régulièrement posées sur les réseaux sociaux.

Quel souvenir gardez-vous de la première édition en 1992 ?

Patrick Peter : Pour être honnête, on ne savait pas bien si on partait pour un « one shot » ou pour 30 ans. Il se trouve que la sauce a pris très vite. Je crois que nous avons été les premiers à mélanger les catégories compétition et régularité. Cela a permis à beaucoup de collectionneurs, qui n’avaient pas une grande habitude de la course, de venir sans être effrayés par la présence de 40 furieux sur la ligne de départ. Au début, nous étions plutôt à 60 % en régularité et 40 % en compétition. Et puis, progressivement, la proportion s’est inversée. Nous étions beaucoup plus petit qu’aujourd’hui. On devait avoir une centaine de voitures contre 230 maintenant. La qualité du plateau était toutefois très belle, avec quelques voitures de grande qualité et de beaux noms comme Jean-Pierre Beltoise ou Stéphane Collaro. Pour le reste, il vaut mieux oublier. Je pense qu’on nous qualifierait d’amateurs si nous organisions aujourd’hui un Tour Auto comme il y a 30 ans. Nous avions été obligés d’annuler un nombre significatif de spéciales parce que les démarches administratives n’avaient pas été faites comme il fallait !

Quels conseils donnez-vous à celui qui souhaite faire le Tour Auto Optic 2000 et qui n’a pas encore de voiture ?

D’abord, nous téléphoner. C’est toujours très gênant et embarrassant de recevoir un appel de quelqu’un nous disant qu’il vient d’acheter telle voiture pour faire le Tour Auto Optic 2000 et de devoir lui répondre qu’elle n’est pas éligible. Il ne faut pas viser un modèle trop représenté, parce qu’avoir 25 voitures identiques n’a pas d’intérêt pour les spectateurs. On essaye d’offrir la diversité la plus large possible. Et il y a des modèles tout à fait improbables à des prix tout à fait raisonnables.

Pourquoi certaines régions de France sont moins visitées que d’autres par le Tour Auto Optic 2000, dont l’itinéraire est pourtant renouvelé chaque année ?

C’est une équation difficile. Il nous faut des villes d’une dimensions suffisante pour offrir 700 chambres d’hôtel. Il nous faut des circuits et des épreuves spéciales. Il est évident qu’il y a des régions qui sont plus typées « rallye » que d’autres. Personnellement, j’adore la Bretagne et j’y passe plus 50 % de mon temps, mais c’est vrai que ce n’est pas la région la plus automobile qui soit. Quand on va en Ardèche, il y a une tradition plus forte. Cela dit, nous sommes passés en Bretagne en 2019 et tout le monde a trouvé ça merveilleux.

Comment se présente la 30ème édition ?

Bien. Depuis plus d’un an, les épreuves sont reportées ou annulées et l’on sent un véritable désir de tous les collectionneurs et pilotes de rouler. Nous avons une très grande demande. Nous aurons une belle représentation de très nombreux pays. Forcément, nous sommes toujours un petit peu inquiet pour les concurrents des pays d’Amérique du Sud et j’espère que les conditions leur permettront de voyager. On reste confiant. L’une des nouveautés sera la journée d’exposition au Grand Palais Éphémère, un bel endroit. Le champ de Mars est merveilleux et la Tour Eiffel est un monument symbolique car le Tour Auto a longtemps démarré des fontaines du Trocadéro.

Le Tour Auto Optic 2000 existera-t-il encore dans 30 ans ?

Le Tour Auto est un cortège continu de spectateurs sur le bord des routes. On voit des institutrices qui sortent leurs classes devant l’école et qui applaudissent le passage du rallye. Les gens aiment bien les voitures parce que c’est un moyen de transport et ils aiment particulièrement les voitures anciennes parce qu’elles ravivent beaucoup de souvenirs. Il y a de nouveaux textes prévus pour limiter la pollution dans les villes et c’est plutôt une bonne chose, mais les voitures anciennes ne représentent rien car elles roulent très peu. La FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Époque) fait un travail remarquable et il y a beaucoup d’élus, dans toutes les régions de France, qui sont particulièrement sensibles à l’aspect patrimonial de ces voitures et qui comprennent bien que leur responsabilité au niveau de la pollution est tellement infinitésimale qu’il serait ridicule de les bloquer. Donc oui, j’ai bon espoir que le Tour Auto Optic 2000 existe encore dans 30 ans !