Deuxième petit tour de piste en Ferrari avant le début du Mans Classic

Pour sa 10ème édition, Le Mans Classic se tiendra du 30 juin au 3 juillet 2022. Comme promis voici un nouveau focus cette fois sur deux Ferrari, l’une dans le plateau 3, la Ferrari 250 GT “Breadvan“ (1957/1961) et l’autre dans le plateau 6, la Ferrari 512 BB LM (1972-1981).

Plateau 3

La Ferrari 250 GT “Breadvan” de Martin Halusa n°16

Ferrai 250 GT “Breadvan” – Crédit photo : ACO

La Ferrari 250 GT “Breadvan” de Martin Halusa fait sa toute première apparition en 1962 sur le circuit du Mans. Quelle forme ! Quelle extravagance ! Et pourquoi Breadvan ? L’histoire raconte qu’un journaliste anglais lui aurait donné ce sobriquet à cause de la forme lui donnant l’apparence d’une “camionnette de boulangerie“.

Pour comprendre l’origine de cette Ferrari, il est important d’en connaître la raison : un conflit, celui entre la femme d’Enzo Ferrari, Laura Domenica et une poignée d’ingénieurs de la firme de Maranello, mais pas n’importe lesquels puisque l’on parle de Carlo Chiti, directeur technique de la Scuderia, Romolo Tavoni, directeur sportif et … de Giotto Bizzarrini !

Ces derniers quittent alors le Cavallino pour fonder ATS (Automobili Turismo e Sport). Pour se financer, ils font appel au comte Volpi propriétaire de la Scuderia Serenissima et client fidèle de Ferrari. Furieux, le Commendatore refuse de livrer à ce dernier ses 2 GTO en commande. L’affaire est entendue : Bizzarrini concevra une voiture à partir d’une Ferrari SWB et Drogo l’habillera.

La voiture courra Le Mans 1962 où elle devra abandonner à la 4ème heure. On aurait pu croire que cette défaite ait sonné le glas de la Breadvan, que l’on retrouvera dans quelques courses, en 1962 et 1963 pour finir comme la “voiture de tous les jours“ du comte Volpi !

S’en suit une existence mouvementée pour cette automobile. Changements de livrée, séjours en fourrière, essais par James Garner et Steve McQueen qui ne l’achètent pas, puis carrément changements de propriétaire à répétition dans les années 70 et 80 où on la voit de temps en temps sur des courses historiques. On la revoit en 2005, lors d’une vente chez Christie’s, où elle ne trouve pas preneur. Elle repart alors pour Modène pour subir une restauration complète et retrouver sa configuration du Mans 1962.

En 2013, après encore quelques changements de mains, la Breadvan trouve en Martin Halusa son propriétaire idéal, méticuleux amoureux des belles choses qui sait en prendre soin. Ce qui a permis à cette voiture unique de reprendre la place qu’elle mérite dans le monde de l’automobile de collection, participant souvent-entre autres aux épreuves by Peter Auto comme Le Mans Classic où on l’a encore vue en 2018, et au concours Chantilly Arts & Elegance Richard Mille en 2017.

Plateau 6

Ferrari 512 BB LM d’Alexander Rittweger n°4

Ferrari 512 BB LM – Crédit photo : ACO

Alexander Rittweger qui possède cette voiture depuis 6 ans va disputer, après 2016 et 2018, son troisième Mans Classic. Cette Ferrari 512 BB LM est certainement l’une des plus “américaines” de toutes celles jamais construites.

Sa particularité est de n’avoir jamais couru les 24 Heures du Mans alors qu’originellement elle fut spécialement conçue pour cette épreuve. Pourquoi ? La réponse est simple, l’historique de cette voiture est intimement lié à celui de ses propriétaires et notamment à Ron Spangler.

Cet Américain, passionné de Ferrari -il en a possédé plus de 100 tout au long de sa vie, a longtemps officié comme Juge senior au Ferrari Club of America et n’a jamais couru ailleurs que sur son territoire natal, trois fois au 24 Heures de Daytona et une fois aux 12 Heures de Sebring.

Ultimes versions de la “512 BB“ en qui Ferrari perçut du potentiel pour la course, quelques BBLM furent préparées par des concessionnaires conformément aux instructions de l’atelier du Cavallino. Carrosserie signée Pininfarina pour un aérodynamisme exceptionnel, moteur 12 cylindres à plat de 500CV logé en position centrale arrière, lui permettaient d’atteindre les 325 km/h. Bien qu’élaborées pour les 24 Heures du Mans, aucune des 512 BBLM ne s’imposera jamais dans la Sarthe. L’une d’entre elles signera tout de même une 5ème place en 1981 au sein du team Charles Pozzi.

C’est une Ferrari plutôt facile à conduire, plus que vous ne pourriez l’imaginer. Sur le circuit du Mans j’arrive à atteindre des vitesses de 320 km/h. Pour moi c’est l’une des Ferrari les plus cool jamais construites. On pourrait allumer un barbecue avec des copains en déjeunant à côté. Côté technique, je n’ai jamais effectué aucune modification. Ron Spangler était le deuxième propriétaire. J’en suis le troisième et à ma connaissance aucune autre modification n’a été effectuée. Vous pouvez d’ailleurs voir tous les stickers originaux sur la voiture, ils sont d’époque. Je possède un grand nombre de voitures, mais c’est très certainement ma préférée. Le son du V12 est tout simplement fabuleux. J’aime sa forme et sa couleur rouge bordeaux associée aux bandes dorées et noires. Pour moi, c’est une voiture très jouissive, un délice à conduire si vous n’en avez pas peur.

Alexander Rittweger
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